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Fatherland (de Paweł Pawlikowski)

mardi
13.
20h00 - 22h00

En 1949, l’écrivain Thomas Mann et sa fille Erika entreprennent un voyage en voiture à travers l’Allemagne, ce pays natal dévasté, divisé et devenu étranger. Sortiront-ils indemnes des décombres de l’Histoire et de leur famille ? Après Ida (2013) et Cold War (Grand Prix du meilleur film au FFG 2018), tout aussi fragiles, le cinéaste polonais Paweł Pawlikowski revient à l’Europe de la guerre froide. À Cannes, il a de nouveau décroché le prix de la mise en scène, et l’actrice Sandra Hüller impressionne une fois de plus. Librement inspiré d’une page mouvementée de la vie de l’un des plus grands écrivains du XXe siècle, le road movie Fatherland prouve que les émotions retrouvent toujours le chemin de la maison.

Allemagne, 1949. L’écrivain de renommée mondiale Thomas Mann revient dans son pays natal après seize ans pour y recevoir le prestigieux prix Goethe. Mais les raisons de se réjouir sont minces. La guerre a laissé le pays divisé, au sens propre (entre l’Allemagne de l’Ouest et celle de l’Est) comme au sens figuré. Pour les uns, Mann l’exilé est un traître. D’autres attendent de l’écrivain des paroles d’espoir capables de sortir la société des décombres. Pendant ce temps, les États-Unis anticommunistes le surveillent de près. Accompagné de sa fille Erika, il voit aussi se tendre le lien singulier qui l’unit à elle. La mort hante encore l’Europe et les poursuit par-delà les frontières.

Lorsqu’on a proposé au réalisateur Paweł Pawlikowski d’adapter The Magician, le roman biographique de Colm Tóibín, il a décliné l’offre. Un épisode du livre l’a pourtant intrigué : le retour de Thomas Mann en Allemagne en 1949. La manière dont le drame historique s’y entrelaçait avec l’intime a formé le germe du scénario. Avec son coscénariste, Pawlikowski a prolongé la liberté créative que la biographie romancée s’était déjà accordée. Notamment grâce à une photographie en noir et blanc étonnamment tendre et à un format d’image intime, presque carré, son nouveau périple à travers l’histoire européenne est devenu, sans que ce soit prémédité, le volet final d’un triptyque poétique avec Ida (2013) et Cold War (2018).

La notion très chargée de Fatherland — la patrie, le pays du père — prend ici un double sens et soulève des questions auxquelles nous cherchons aujourd’hui encore des réponses. Dans un abandon serein, le film trouve une beauté fragile et une consolation. En père et fille, les comédiens Hanns Zischler et Sandra Hüller (The Zone of Interest, Anatomie d’une chute) s’accordent parfaitement dans leurs imperfections. Le rôle dévolu à un orgue tout aussi imparfait et à la musique classique offre sans conteste l’un des moments les plus émouvants de cette édition du festival. Avec Cold War, film tout en douceur et couvert de prix, Paweł Pawlikowski avait conquis à Film Fest Gent le cœur du jury international comme celui du public, comme en témoignent respectivement le Grand Prix du meilleur film et le Prix du public Canvas. Fatherland comble largement ces attentes élevées. À Cannes, le cinéaste polonais a remporté pour la deuxième fois le prix de la mise en scène.

https://www.filmfestival.be/en/film/fatherland

OU:

Filmfest Gent Leeuwstraat 40b, 9000 Gent
Leeuwstraat 40b, 9000 Gent
Gent, Oost-Vlaanderen Belgium
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QUAND

13. octobre
20h00 - 22h00
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